Effets secondaires

Des délais qui ne cessent de se rallonger pour obtenir un rendez-vous. Des distances toujours plus grandes pour aller consulter. La désertification médicale ne cesse de s’accentuer aujourd’hui en France.

Plus de 8 % de la population française a des difficultés à accéder aux soins de première nécessité, et ce, aussi bien dans les villes que dans les campagnes. L’horizon n’est guère encourageant puisque 47% des médecins qui ont aujourd’hui plus de 55 ans  doivent partir à la retraite dans les prochaines années. Pérenniser l’offre de soin devient alors un réel problème. 

Au cœur de ce problème, un paradoxe. Au 1er janvier 2018, 226 000 médecins étaient en activité, soit le nombre le plus élevé jamais observé en France. Pourtant, de plus en plus de régions se retrouvent aujourd’hui touchées par la désertification médicale.

C’est le cas de la région Occitanie et plus particulièrement du département de l’Aude. À première vue, les chiffres ne semblent pas alarmants. Troisième région de France la plus pourvue en médecins, l’Occitanie fait même partie des territoires attractifs et le département de l’Aude trouve sa place dans la moyenne nationale. Cependant, ces données brutes étouffent une autre réalité, celle de patients qui doivent faire face, chaque jour, au déclin de l’offre de santé et celle de praticiens, toujours plus débordés.

Nous avons souhaité comprendre la complexité du désert médical en donnant la parole aux soignant.e.s présents sur le territoire audois. Au fil de nos recherches et rencontres nous avons constaté que le désert médical ne concernait pas seulement le milieu rural mais aussi les villes. Toulouse par exemple sera classé comme désert médical à l’horizon 2020, puisque la population augmente mais que proportionnellement le nombre de médecins n’est pas suffisant pour répondre à la demande. 

Face à cette problématique nous souhaitions savoir comment les praticiens et praticiennes vivent ce déclin de l’offre de soin. Surmenage, solitude, sentiment de culpabilité, autant de difficultés qui ont des répercussions sur leur travail, mais également sur leur vie personnelle.

Ce n’est pas habituel de demander à son médecin comment il/elle va. Pourtant il semble difficile d’être bien soigné si nos soignant.e.s sont eux même grandement impacté.e.s par cette crise. 

Le but d’Effets secondaires est alors de mettre le patient à la place du soignant afin d’imaginer la charge mentale à laquelle ils/elles sont quotidiennement exposé.e.s. La figure du médecin omniscient est alors démystifiée le temps d’un témoignage, pour montrer l’humain qui se trouve derrière la blouse blanche. 

Réalisé par : Joséphine Bichareil, Maxime Caron, Clémence Curty, Léo Derivot, Elsa Serna, Léo Pierre.

Visible ici http://hanslucas.com/webdoc/effetssecondaires/

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